Une souffrance indescriptible

28 janvier 2022

Par Zhang Lin, Chine

Un après-midi, en décembre 2012, je quittais la ville en bus pour accomplir mon devoir. J’étais à moitié endormie quand mon téléphone a sonné. J’ai décroché et un policier a dit : « C’est elle. » Je n’ai pas eu le temps de réagir avant qu’il ne vienne prendre mon téléphone et mon sac. J’ai demandé : « Que faites-vous ? Avez-vous un mandat d’arrêt ? » Un autre policier a crié : « La ferme ! » Ils m’ont forcée à descendre du bus et m’ont fait monter dans une voiture. Je ne savais pas où ils m’emmenaient ni ce qu’ils allaient me faire. J’avais peur, alors je me suis empressée de prier Dieu : « Que Dieu soit avec moi et me donne la foi et la force pour rester ferme dans mon témoignage. »

Au poste, les policiers m’ont emmenée dans une salle d’interrogatoire et menottée à une chaise. J’avais les mains et les pieds menottés et je ne pouvais pas bouger. Ils m’ont demandé : « Es-tu une dirigeante ? Qui t’a convertie ? D’où venais-tu et où allais-tu ? » Je n’ai pas répondu et ils ont commencé à me menacer : « Si tu n’avoues pas, on te déshabillera, on te versera de l’eau froide dessus et on te laissera geler dehors. » J’ai pensé que j’avais une constitution fragile depuis que j’étais petite et que je détestais vraiment le froid. J’avais aussi une maladie cardiaque. On était en plein hiver et il faisait froid à l’intérieur, même en portant un blouson. S’ils décidaient vraiment de me déshabiller, de me verser de l’eau froide dessus et de me traîner dehors, je serais vite frigorifiée et je mourrais avant le lever du soleil. Plus j’y pensais, plus j’étais terrifiée. À cet instant, j’ai pensé à des paroles de Dieu : « Ne crains pas ; avec Mon soutien, qui pourrait jamais bloquer cette route ? Souviens-toi de ceci ! N’oublie pas ! Tout se produit par Ma bonne intention et tout est sous Mon observation. Peux-tu suivre Ma parole en tout ce que tu dis et fais ? Quand tu seras soumis aux épreuves du feu, tomberas-tu à genoux pour invoquer ? Ou trembleras-tu, incapable d’aller de l’avant ? » (« Chapitre 10 » de Déclarations de Christ au commencement, dans La Parole apparaît dans la chair). Les paroles de Dieu m’ont donné de la foi et de la force, et j’ai prié Dieu en silence : « Ô Dieu ! Tout est sous Ton contrôle. Tu as permis à ces policiers de m’arrêter aujourd’hui et je m’en remettrai à Toi. Je préfère mourir que de devenir un Judas et de Te trahir. Je resterai ferme dans mon témoignage. » Comme je refusais de parler, ils m’ont forcée à retirer mon blouson et m’ont versé de l’eau froide sur la tête. J’ai grelotté de la tête aux pieds. Plus tard, ils m’ont même surveillée pour s’assurer que je ne m’endormais pas.

Le lendemain matin, trois membres d’une unité spéciale sont arrivés. L’un d’eux a regardé mon dossier et a crié : « On sait que tu es une dirigeante, où tu étais ces derniers jours et où tu allais, alors dépêche-toi d’avouer ! » En disant ça, il est venu me gifler alors qu’il portait des gants en cuir, ce qui m’a fait ressentir une douleur fulgurante. Ensuite, ils m’ont emmenée dans une pièce qui n’avait pas de caméra de surveillance, m’ont forcée à m’asseoir sur un tabouret, ont menotté mes mains derrière mon dos et ont enfoncé mes chaussettes dans ma bouche. Ils ont ramassé des chaussons qu’il y avait par terre et s’en sont servis pour me frapper le visage tout en m’insultant. Après m’avoir frappée un moment, ils ont retiré les chaussettes de ma bouche et m’ont demandé avec douceur : « Que tu es têtue… Tu ne veux rien dire. As-tu besoin de recevoir d’autres coups ? Pourquoi souffrir comme ça ? Est-ce qu’on te frapperait comme ça si on n’avait pas de preuve ? Quel est ton devoir ? Crache le morceau et tu n’auras plus à souffrir. » Comprenant que je garderais le silence, exaspérés, ils ont remis les chaussettes dans ma bouche. D’eux d’entre eux se sont placés de chaque côté de moi et m’ont écarté les jambes en glissant leurs genoux entre les miens, tandis qu’un autre m’a tasé les parties intimes avec une matraque électrique. La douleur a été intolérable et je me suis vite évanouie. Quand je suis revenue à moi, quelqu’un me frappait le visage et criait : « Arrête de faire la morte. » Voyant que j’avais repris conscience, ils ont recommencé à se servir de la matraque électrique. Ils m’ont tasée comme ça de nombreuses fois, jusqu’à ce que je m’évanouisse, puis ils me frappaient pour me ranimer. La dernière fois que j’ai repris conscience, j’étais couchée sur le dos, sur le sol en béton, et un homme me marchait lourdement sur le visage. Mon visage était écrasé contre le sol pendant que certains d’entre eux, assis à une table, fumaient et mangeaient des graines de tournesol. L’un d’eux, qui s’appelait Liu, m’a dit avec une coquille de graine à la main : « Je n’ai pas besoin de me donner autant de mal. Il suffit que je glisse cette coquille sous tes ongles et tu en auras assez. » Avec un sourire maléfique, il a demandé à un autre policier : « As-tu déjà essayé cette méthode ? Enfonce-lui un cube de glace là en bas et ce sera terminé. Ҫa marche tout de suite. » Ils ont tous éclaté de rire. En regardant cette bande de vauriens et de monstres, j’ai ressenti un grande colère et un grand dégoût. Alors Liu m’a dit : « Si tu n’avoues pas, on te confiera à d’autres et ils ne seront pas aussi gentils que nous avec toi. Tu te retrouveras dans une petite pièce sombre, dans laquelle le fait que tu sois un homme ou une femme n’aura aucune importance, ils te suspendront et te battront jusqu’à t’en faire perdre tes sous-vêtements. » J’ai été terrifiée de les entendre parler de ces choses horribles. J’avais vu des choses semblables à la télé, des gens torturés presque à mort, jusqu’à ce qu’ils aient envie de mourir. J’ai pensé qu’ils me battaient et me torturaient alors que je leur avais dit que j’avais des problèmes cardiaques. Ils se moquaient que je vive ou que je meure. S’il me torturaient vraiment comme ils l’annonçaient, pourrais-je le supporter ? J’ai prié et appelé Dieu sans relâche pour Lui demander d’être avec moi, de me guider pour que je reste ferme dans mon témoignage et que je ne cède pas face à Satan. Alors j’ai pensé aux paroles de Dieu qui disent : « Ne crains pas, le Dieu Tout-Puissant des armées sera sûrement avec toi ; Il vous soutient et Il est votre bouclier » (« Chapitre 26 » de Déclarations de Christ au commencement, dans La Parole apparaît dans la chair). Sachant que Dieu était mon bouclier, j’ai eu moins peur. Comme je ne parlais toujours pas, ils ont dit : « Si tu avoues, on te laissera partir. On ira te chercher à manger et à boire. Tu n’auras plus à souffrir et nous non plus. » Un policier qui semblait être leur chef a dit d’un ton cruel : « Si elle n’avoue pas, arrachez-lui les ongles des mains et des pieds. Les dents, aussi. » Mon cœur s’est de nouveau serré quand j’ai entendu ça et je me suis empressée de prier Dieu : « Ô Dieu, Tu m’as accordé la vie, et la vie et la mort sont entre Tes mains. Je ne te demande pas de me sauver la vie, juste de m’aider à ne trahir ni Toi ni mes frères et sœurs sous la torture et les menaces de Satan, de me permettre de témoigner et d’humilier Satan. » Je me suis sentie plus calme après ma prière. Quelles que soient leurs menaces et leurs promesses, je n’ai pas dit un mot. J’ai été torturée par les policiers de cette manière pendant deux jours et une nuit. Mon corps tout entier était affaibli et mon cœur battait à tout rompre. Ils ont compris que je ne dirais rien, alors ils m’ont emmenée dans un centre de détention.

Là-bas, une policière m’a emmenée dans une pièce, où elle m’a forcée à me déshabiller et à tourner deux fois sur moi-même. Quand elle a vu des taches sombres sur mes parties intimes, elle m’a demandé si j’avais une maladie. J’ai dit que je n’étais pas malade, que j’avais ces marques parce que les policiers m’avaient tasée. Elle n’a rien répondu. Ensuite, elle a dit aux policiers qui m’avaient amenée : « Elle a de gros bleus sur les parties intimes et on n’y est pour rien. Vous devriez déclarer que vous n’y êtes pour rien non plus. » Cet échange m’a choquée. Vers 20 heures, le même jour, les membres de l’unité spéciale sont revenus m’interroger. Mon cœur s’est encore affolé et j’ai tout de suite prié Dieu : « Ô Dieu, je ne sais pas comment ils me tortureront aujourd’hui. S’il Te plaît, sois avec moi et donne-moi de la foi et de la force. » Après ma prière, j’ai pensé à des paroles de Dieu : « Lorsque les hommes sont prêts à sacrifier leur vie, tout devient insignifiant, et personne ne peut l’emporter sur eux. Qu’est-ce qui pourrait être plus important que la vie ? Ainsi, Satan devient incapable de faire plus chez les hommes, il ne peut rien faire avec l’homme. Même si, dans la définition de la “chair”, on dit que la chair est corrompue par Satan, si les gens se livrent réellement et ne sont pas conduits par Satan, alors personne ne peut l’emporter sur eux » (« Chapitre 36 » d’Interprétations des mystères des paroles de Dieu à l’univers entier, dans La Parole apparaît dans la chair). Les paroles de Dieu m’ont donné de la foi. J’étais prête à sacrifier ma vie, à mourir plutôt que de trahir Dieu et dénoncer mes frères et sœurs. J’avais l’impression que les mots « prête à mourir » étaient tatoués sur moi et je me sentais en mesure d’affronter la torture.

Le policier Liu m’a interrogée : « Quel est ton pseudonyme ? Que sais-tu sur l’Église ? Dépêche-toi d’avouer ! Tu nous épargneras des efforts et tu t’épargneras de la souffrance. » J’ai dit : « Je n’ai rien à avouer. » Exaspérés, ils ont commencé à me torturer par le froid. C’était en décembre, le mois le plus froid dans le nord de la Chine. Les policiers m’ont emmenée devant la fenêtre, m’ont retiré mon manteau, ont menotté mes mains derrière mon dos et ont soulevé ma chemise jusqu’à mes épaules pour placer mon dos face à la fenêtre. Il y avait une épaisse couche de neige dehors. Un vent glacé soufflait sans arrêt. Le froid était mordant. Ils ont retroussé mon pantalon jusqu’au-dessus de mes genoux, m’ont retiré mes chaussettes et ont mis mes pieds dans une bassine d’eau. Ensuite, ils m’ont versé de l’eau glacée sur la tête et ont trempé mes chaussettes pour les frotter sur mes jambes, de mes pieds à mes genoux. Ils ont même mis un chiffon trempé sur le bord de la fenêtre jusqu’à ce qu’il gèle pour le placer sur mon ventre. Je sentais le froid traverser tout mon corps et mon dos me faisait horriblement mal. Alors ils ont sorti une photo et m’ont demandé d’identifier la personne qui était dessus. Ils ont dit : « Vous travaillez toujours ensemble. Tu ne peux pas dire que tu ne le connais pas. » Je savais que c’était Frère Wang : on accomplissait notre devoir ensemble. On s’était parlé au téléphone un jour ou deux avant mon arrestation. Parce qu’il portait un gilet jaune sur la photo, j’ai su qu’il avait été arrêté aussi. J’ai pensé : « Les policiers savent déjà qu’on se connaît, alors ils ne me croiront pas si je dis que je ne le connais pas. Que dois-je faire ? » J’ai prié et appelé Dieu sans arrêt. J’ai pensé aux paroles de Dieu qui disent : « Tu ne devrais pas avoir peur de ceci et de cela ; peu importe combien de difficultés et de dangers tu peux rencontrer, tu es capable de rester stable devant Moi, libre de toute entrave, afin que Ma volonté puisse être réalisée sans obstacle. C’est ton devoir » (« Chapitre 10 » de Déclarations de Christ au commencement, dans La Parole apparaît dans la chair). Les paroles de Dieu m’ont donné de l’assurance. Quoi que les policiers sachent sur l’Église, je ne devais pas identifier mon frère. Et je ne devais surtout pas leur fournir d’informations sur lui. Je n’ai pas dit un mot, alors ils ont commencé à me menacer en disant : « Ne sois pas si têtue. Lui non plus ne disait rien, au début. Quand ont s’est servis de crochets en métal sur ses parties génitales quelques fois, il ne l’a pas supporté et il a parlé. » Furieuse et écœurée, j’ai détourné la tête. Ils se sont approchés et ils ont commencé à me gifler brutalement alors qu’ils portaient des gants en cuir. Craignant que mon visage n’enfle trop pour qu’on m’accepte au centre de détention, ils le frottaient avec de l’eau froide au bout d’un moment, puis ils recommençaient. J’ai senti quelque chose dans ma bouche. Quand j’ai voulu le cracher, je n’ai craché que du sang. Ils n’ont pas arrêté. Ils se reposaient un moment, puis ils recommençaient à me frapper. Ils m’ont frappée jusqu’à ce que je sois étourdie. J’avais toujours le dos contre la fenêtre ouverte et ils continuaient à le mouiller. Mon corps tout entier était submergé par des vagues de douleur indescriptible. Ils ont continué à me frapper, à me verser de l’eau froide sur la tête, à me frapper encore, me mouiller de nouveau, et ils m’ont torturée comme ça toute la nuit. J’ai fini par ne plus sentir mon corps. Alors que j’étais sur le point de m’évanouir, j’ai pensé : « Vais-je mourir ? » J’ai vaguement senti quelqu’un m’ouvrir les paupières et me soulever d’un côté. Des gens autour de moi ont fait quelque chose et j’ai perdu connaissance. Je ne sais pas combien de temps s’était écoulé quand j’ai entendu quelqu’un dire : « Tout va bien. Elle ne mourra pas. » J’ai ouvert péniblement les yeux et j’ai vu qu’ils me frottaient les mains et les pieds. J’ai retrouvé progressivement mes sensations.

Il faisait jour et d’autres personnes me surveillaient pour m’empêcher de dormir. Alors quelqu’un est arrivé de la pièce voisine et m’a prise en photo avant de repartir. J’ai entendu quelqu’un crier dans la pièce d’à-côté : « Qui est cette personne ? » Je n’ai pas entendu de réponse, mais j’ai entendu des coups juste après. J’ai entendu une sœur crier de douleur. J’ai eu l’impression de recevoir un coup de poignard dans le cœur. Je savais que cette sœur avait choisi de se laisser frapper plutôt que de me dénoncer. Je me suis sentie coupable. J’aurais aimé qu’ils viennent me frapper plutôt qu’elle et qu’ils la laissent partir. Mais je ne pouvais que prier en silence pour elle et demander à Dieu de la protéger et de lui donner de la foi. Ils l’ont torturée comme ça toute la journée.

Le soir, les policiers sont revenus m’interroger. L’un d’eux a essayé de me persuader : « Tu ne te soucies peut-être pas de toi, mais pense à eux. Si tu avoues que tu es une dirigeante, on ne condamnera que toi. Ils ne sont pas importants. On les laissera partir. Si tu n’avoues pas, on ordonnera à la quarantaine de personnes qu’on détient de t’identifier. Ceux qui refuseront se feront tabasser comme celle qui est dans la pièce d’à-côté. » Quand j’ai entendu ça, je me suis souvenue des cris déchirants de la sœur, un peu plus tôt. Il y avait aussi des frères et sœurs qu’ils m’avaient montrés sur l’ordinateur, dont deux sœurs d’une soixantaine d’années qui étaient très malades. J’ai pensé : « Je devrais avouer et les laisser ne condamner que moi pour que les frères et sœurs n’aient pas à souffrir. » Quand j’ai admis que j’étais une dirigeante d’Église, le policier m’a tout de suite retiré mes menottes. Il m’a donné une tasse d’eau et m’a demandé avec insistance : « Alors qui est l’autre dirigeant ? Puisque tu es une dirigeante, tu dois savoir où se trouve l’argent de l’Église, non ? » Je l’ai regardé et j’ai pensé que l’argent de l’Église était une offrande que les élus de Dieu faisaient à Dieu. Il n’avait rien à voir avec ces démons. Qu’ils veuillent s’en emparer était maléfique ! Comme je ne répondais pas, ils ont continué à m’interroger presque jusqu’à l’aube. Ils m’ont rien tiré de moi et m’ont renvoyée au centre de détention. Une fois là-bas, je n’ai pas pu trouver le sommeil. J’ai pensé à leurs stratagèmes démoniaques. Ils n’allaient pas relâcher les autres frères et sœurs pour ne condamner que moi. J’avais été stupide de me laisser berner. Aussi, en reconnaissant que j’étais une dirigeante, j’avais mis en danger tous les frères et sœurs à qui j’avais parlé au téléphone. Je me suis vraiment haïe. Voyant à quel point les policiers étaient fourbes, j’ai compris que je devais plus prier Dieu et m’en remettre davantage à Lui, sinon je risquais de tomber dans d’autres pièges de Satan.

Le soir du 24, les policiers ont fait venir mon petit frère. Proche de la panique, j’ai prié Dieu sans relâche : « Ô Dieu ! Les policiers n’ont certainement pas de bonnes intentions s’ils font venir ma famille. Ils veulent m’inciter à Te trahir. Ô Dieu, je sais que je n’y arriverai pas seule. Puisses-Tu veiller sur moi, me protéger et me guider pour que je surmonte les tentations de Satan. » Je me suis sentie bien plus calme après ma prière. Quand mon frère m’a vue, il a pleuré et dit : « C’est ingérable. J’ai parlé à plusieurs avocats et dépensé beaucoup en frais de consultation. Ils ont tous dit qu’ils ne pouvaient pas t’aider. Le Bureau de la sécurité publique m’a dit que tu serais condamnée à au moins trois ans. Dis-leur juste ce que tu sais. » Je n’ai pas répondu. Plus tard, mon frère m’a dit que les policiers avaient fouillé ma maison, mais qu’ils n’avaient rien trouvé. Je me suis souvenue qu’il y avait quelques livres des paroles de Dieu chez moi. Le fait que les policiers ne les aient pas trouvés était dû à la protection de Dieu. Mon frère a continué à essayer de me persuader. Quand les policiers ont vu que je ne disais rien et que je ne pleurais même pas, ils m’ont menacée : « Si tu n’avoues pas, tu iras en prison et ton neveu ne pourra pas entrer dans l’armée quand il sera plus grand. Tu fais du mal à ta famille et à toi-même. Il faut que tu penses aux autres. » Je savais qu’ils se servaient de mes émotions pour m’attirer dans un piège. Puisque je n’avais pas d’enfant, ils se servaient de mon neveu pour me menacer. J’ai pensé : « Ce qui arrivera à mon neveu quand il sera plus grand est entre les mains de Dieu. Ҫa n’a rien à voir avec vous. Vous voulez même que je vous livre l’argent de l’Église. Ҫa n’arrivera pas. » J’ai continué à me taire.

Durant l’interrogatoire suivant, les membres de l’unité spéciale m’ont montré une vidéo de leur directeur adjoint avec une sœur qui hébergeait. J’ai été choquée. Comment l’avaient-ils trouvée ? Ils m’ont demandé : « Surprise ? La connais-tu ? » J’ai répondu : « Non. » Ils se sont énervés et ont juré. Ils ont dit : « Tu ne la connais pas ? Alors comment se fait-il qu’elle t’ait reconnue sur une photo ? » Je me suis demandé si elle m’avait vraiment dénoncée et ce que je devais faire. Subitement, j’ai pensé à des paroles de Dieu : « En tout temps, Mon peuple devrait être sur ses gardes contre les plans rusés de Satan, surveillant pour Moi la porte de Ma maison […] afin d’éviter de tomber dans le piège de Satan, auquel cas il serait trop tard pour les regrets » (« Chapitre 3 » des Paroles de Dieu à l’univers entier, dans La Parole apparaît dans la chair). Les paroles de Dieu m’ont aidée à comprendre que c’était une ruse de Satan. Qu’elle m’ait trahie ou non, je ne devais pas la dénoncer. L’identifier ferait de moi un Judas et serait une trahison devant Dieu. J’ai dit avec assurance : « Je ne connais pas cette personne. » Exaspéré, le policier a dit : « Je serai honnête : il n’est pas dans ton intérêt de ne rien dire. On t’a déjà mis tout ce qu’on sait sur le dos. On dira que c’est toi qui as dénoncé les autres. Même si tu es relâchée, ton Église ne voudra plus de toi. » Ҫa m’a un peu inquiétée. S’ils le faisaient réellement, l’Église penserait-elle que j’étais un Judas et me rejetterait-elle ? Mais alors j’ai pensé que Dieu voyait dans les cœurs des gens. Il saurait si j’avais dénoncé les autres ou non. Je crois que Dieu est juste et sait tout. J’ai maintenu que je ne la connaissais pas. Cette humiliation a enragé les policiers. Ils m’ont entraînée jusqu’à la fenêtre, m’ont retiré mon manteau, ont ouvert ma chemise, retroussé mon pantalon et m’ont encore versé de l’eau froide dessus. Jusqu’au matin du deuxième jour, j’ai perdu presque toute sensation dans les mains et les pieds. Mes pieds avaient tant enflé que je ne pouvais même plus mettre des chaussons. Les policiers ont continué à me demander où se trouvait l’argent de l’Église et à essayer de me faire dénoncer des frères et sœurs. Comme je ne disais rien, ils ont continué à me torturer par le froid. Un policier a dit méchamment : « Ce n’est pas grave si vous mourez, vous autres croyants. Si tu n’avoues pas, je te tuerai. » J’ai pensé : « Même si tu me tues, je ne trahirai jamais Dieu ni les frères et sœurs. » Plus tard, ils m’ont dit que la sœur ne m’avait pas trahie. Ils avaient menti pour me piéger. Du fond du cœur, j’ai remercié Dieu de m’avoir empêchée de tomber dans le piège de Satan.

J’ai été torturée comme ça pendant deux jours. À un moment, un policier de cinquante ou soixante ans est venu. Il a demandé au policier Liu avec un sourire lubrique : « Alors ? As-tu essayé cette méthode ? » Liu a répondu : « Pas encore. » L’autre officier est parti. Liu s’est approché de moi, a glissé ses mains dans ma chemise et m’a pincé les tétons très fort. J’ai eu horriblement mal, mais je ne pouvais pas bouger parce que mes mains étaient menottées derrière moi, alors j’ai dû subir cet outrage. J’étais furieuse et j’ai pensé : « Plus tu seras impudent et cruel, mieux je verrai le mal en toi. Quelle que soit la manière dont tu me tortures et m’humilies, je ne trahirai pas Dieu. » Déterminée, j’ai serré les dents et tourné la tête sur le côté. Alors, il est passé à mon ventre et m’a touchée pendant sans doute vingt minutes. Il ne m’a lâchée que lorsque les deux policiers qui m’interrogeaient sont revenus. Ensuite, ils ont recommencé à me torturer par le froid comme avant. À chaque fois, ils me plaçaient près de la fenêtre pour me frigorifier pendant quelques heures. Quand ils voyaient que j’étais transie, ils me poussaient sur le côté et fermaient la fenêtre pour me laisser me réchauffer un peu. Quand j’étais réchauffée, ils me frigorifiaient de nouveau. J’avais si froid que je claquais des dents et je tremblais tellement que la chaise en métal s’est mise à cliqueter. En me voyant comme ça, ils se sont moqués de moi. Comme j’ai été torturée encore et encore, je me suis extrêmement affaiblie. Parfois, je m’endormais pendant que j’étais torturée. Voyant que je ne parlais pas, quoi qu’ils me fassent, ils ont commencé à me menacer en disant : « Si tu continues à te taire, on te confiera à ceux de la brigade criminelle et ils ne seront pas aussi gentils que nous avec toi. » J’étais si furieuse que je leur ai demandé : « Quelle loi ma foi viole-t-elle ? Est-ce que j’ai commis un meurtre, un incendie criminel ou un cambriolage pour que vous me torturiez comme ça ? » Ils ont répondu doucement, d’un ton embarrassé : « Tu n’as pas violé la loi. » Alors ils sont partis. J’ai pensé : « Je ne fais que croire en Dieu. Je n’ai violé aucune loi. Le Parti communiste s’affole et emploie toutes sortes de méthodes méprisables contre moi. Et voilà que la brigade criminelle va venir m’interroger. Ils n’arrêteront que quand je serai morte ! » J’ai pensé aux paroles de Dieu qui disent : « Pendant des milliers d’années, ce pays a été une terre d’ordures. Il est insupportablement sale, la misère abonde, les fantômes pullulent partout, trompant et décevant, portant des accusations sans fondement[1], étant impitoyables et vicieux, piétinant cette ville fantôme et la laissant jonchée de cadavres. L’odeur de la pourriture imprègne l’air et couvre le pays qui est fortement gardé[2]. Qui peut voir le monde au-delà des cieux ? […] Ancêtres des anciens ? Leaders bien-aimés ? Ils s’opposent tous à Dieu ! Leur ingérence a tout laissé sous le ciel dans un état de ténèbres et de chaos ! Liberté de religion ? Les droits et intérêts légitimes des citoyens ? Tout cela n’est qu’une ruse pour camoufler le péché ! » (« L’œuvre et l’entrée (8) », dans La Parole apparaît dans la chair). Le Parti communiste affirme au monde qu’il garantit la liberté de croyance et que ses citoyens ont des libertés personnelles mais, en réalité, il ne permet pas aux gens de croire en Dieu et de suivre le vrai chemin. Il emploie toute sortes de méthodes brutales et méprisables pour persécuter les élus de Dieu. Il essaie vainement de détruire l’œuvre de Dieu des derniers jours. J’ai vu que le Parti était un démon maléfique qui résistait à Dieu et faisait du mal aux gens ! Plus il m’a persécutée, plus je l’ai rejeté et y ai renoncé. J’ai de nouveau prié Dieu pour remettre ma vie et ma mort entre Ses mains, quelle que soit la brigade à laquelle ils me confieraient. C’était Dieu qui m’avait donné mon souffle, alors j’étais prête à Lui confier ma vie et à me soumettre à Ses plans.

Pendant les interrogatoires suivants, quoi qu’ils me fassent, comme j’ai prié Dieu et m’en suis remise à Lui, je n’ai rien dit. Alors j’ai vu qu’ils m’interrogeaient avec de moins en moins d’énergie, tandis que ma foi grandissait. Ils ont employé toutes sortes de ruses et de méthodes cruelles pour me torturer pendant environ vingt-six jours. Une autre détenue m’a dit : « J’ai vendu de la drogue, j’ai été arrêtée et tabassée pendant une nuit. Ils vous tabassent comme des fous, vous autres croyants ! »

Plus tard, ils ont compris qu’ils ne me soutireraient aucune information sur l’Église et mon frère a payé 20 000 yuans pour tirer quelques ficelles, alors ils m’ont libérée sous caution dans l’attente de mon procès. Quand ils m’ont relâchée, j’étais émaciée et je souffrais de graves rhumatismes à cause de la torture par le froid. Toutes mes articulations me faisaient souffrir et je ne pouvais pas bouger le cou. La cruauté du Parti communiste a profondément marqué mon corps et mon esprit. Pendant cette période, même si j’ai beaucoup souffert, j’ai vraiment senti que Dieu était toujours à mes côtés, me protégeant, Se servant de Ses paroles pour me guider et me donner de la foi et de la force afin que je surmonte la cruauté du diable. Je suis pleine de gratitude et de louange pour Dieu et j’ai la foi pour suivre Dieu toute ma vie, me dépenser pour Lui et Lui rendre Son amour.

Notes de bas de page :

1. « Portant des accusations sans fondement » se réfère aux méthodes par lesquelles le diable cause du tort aux personnes.

2. « Fortement gardé » signifie que les méthodes par lesquelles le diable afflige les gens sont particulièrement vicieuses et contrôlent tellement les gens qu’ils n’ont pas de place pour bouger.

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