Les leçons tirées de l’abreuvement de nouveaux croyants

11 décembre 2022

Par Ye Cheng, Chine

En janvier de cette année, j’ai abreuvé deux nouveaux croyants : Sœur Ran Jie et son mari. La superviseuse m’a dit que le mari de Ran Jie venait de commencer à étudier l’œuvre de Dieu dans les derniers jours, qu’il n’avait assisté qu’à quelques réunions, et qu’il avait besoin de soutien et d’abreuvement.

Les deux fois où j’étais allée chez Ran Jie, celle-ci s’était disputée avec son mari. En examinant la situation, j’ai appris que Ran Jie méprisait son mari pour ses tendances mondaines et son manque de ferveur dans la croyance. J’ai commencé à craindre que ses exigences irréalistes et le fait de s’en prendre à son mari, alors qu’il commençait à peine à étudier, finissent par le faire trébucher. Alors, un jour, j’ai échangé avec elle, en lui disant qu’il fallait aborder les gens avec tolérance et patience. À ma grande surprise, mes paroles l’ont froissée et elle m’a répondu qu’elle se montrait déjà très patiente. Elle a même ajouté, en colère : « S’il ne veut pas croire, tant pis, mais je ne le laisserai pas affecter mon état. » J’ai vraiment eu peur que son mari, en l’entendant dire cela, quitte l’Église. Alors, dans mon cœur, j’ai déploré : « Cette sœur est très arrogante. Tout ce qui compte pour elle, c’est de se défouler, elle ne se soucie pas de ce que ressentent les autres. Il faut que j’échange sérieusement avec elle pour qu’elle comprenne à quel point la situation est grave. » Mais quand je lui ai parlé, Ran Jie m’a rétorqué : « Je ne veux pas me fâcher. Mais il consacre tout son temps aux sorties, et ne lit jamais la parole de Dieu. Il ne tient aucun compte de ce que je lui dis ! » Entendre cela m’a un peu énervée. J’ai pensé : « Tu fais preuve d’une corruption manifeste, mais tu ne fais que critiquer ton mari. Tu ne te connais absolument pas ! » Alors, je lui ai lu un passage de la révélation de Dieu au sujet du tempérament arrogant des gens, et j’ai analysé sa colère comme le fruit d’une quête excessive de prestige. Se mettre en colère et s’emporter pour faire céder son mari, quand il ne faisait pas ce qu’elle voulait, relevait d’un tempérament corrompu et devait être corrigé. À ce moment-là, elle avait admis à contrecœur qu’elle se montrait très arrogante, mais finalement, elle était restée la même, elle n’avait pas changé le moins du monde. Après quoi, j’ai de nouveau échangé avec elle plusieurs fois, en l’exhortant à ne pas être injuste avec son mari, à ne pas souligner sans cesse ses défauts et à se connaître elle-même. Mais elle a continué à se trouver des excuses. Je ne savais plus quoi faire. Au départ, j’avais voulu que son mari assiste à davantage de réunions, pour l’aider à s’enraciner dans le vrai chemin, mais en raison du conflit qui les opposait tous deux, toutes ces réunions avaient été annulées de façon intempestive.

Je m’étais alors contentée de continuer à déplorer la situation et à juger Ran Jie : « Elle est vraiment arrogante, elle n’arrête pas de rabaisser son mari. Ne fait-elle pas preuve d’une médiocre humanité ? J’ai échangé avec elle de nombreuses fois, mais elle ne pratique pas la vérité ni n’aide à tenir les réunions. Je n’ai vraiment plus envie de l’abreuver. » Un jour, j’ai discuté de ce problème avec la sœur avec qui l’on m’avait demandé de travailler en binôme, et je lui ai dit tout ce que j’avais sur le cœur, j’ai exprimé tous mes griefs. Elle m’a conseillé de regarder une vidéo de témoignage. Dans la vidéo, ce passage de la parole de Dieu m’a vraiment touchée. Les paroles de Dieu disent : « Il faut faire preuve d’attention et de prudence et compter sur l’amour dans le traitement des personnes qui étudient le vrai chemin. En effet, tous ceux qui cherchent le vrai chemin sont des incroyants – même les religieux parmi eux sont plus ou moins incroyants – et ils sont tous fragiles : si quelque chose ne s’accorde pas avec leurs notions, ils sont susceptibles de le nier, et si une formule n’est pas conforme à leur volonté, ils sont susceptibles de la contester. Par conséquent, leur prêcher l’Évangile exige de nous de la tolérance. Cela nécessite un amour extrême de notre part, et cela nécessite certaines méthodes et approches. Ce qui est crucial, cependant, c’est de leur lire les paroles de Dieu, de leur transmettre toutes les vérités que Dieu exprime pour sauver l’homme et de leur faire entendre la voix de Dieu et les paroles du Créateur. Ainsi, ils en tireront profit » (« Évangéliser est le devoir auquel sont tenus par honneur tous les croyants », dans La Parole, vol. 3, « Sermons de Christ des derniers jours »). Dieu exige qu’on traite les destinataires potentiels de l’Évangile avec sollicitude, qu’on les aide et qu’on les soutienne avec patience et amour, qu’on échange avec eux sur la vérité, qu’on les amène devant Lui. Tels sont les responsabilités et les devoirs de ceux qui prêchent l’Évangile autour d’eux. Dans chacun de Ses mots, chacune de Ses expressions, je sentais l’amour de Dieu pour la vie humaine. Voilà pourquoi Il avait ces exigences vis-à-vis de nous. Puis, en réfléchissant à l’amour de Dieu et à Sa compréhension de l’humanité, j’ai eu honte. J’ai repensé à la façon dont j’avais traité Ran Jie. Quand j’avais échangé avec elle plusieurs fois parce qu’elle s’énervait contre son mari et qu’elle n’avait pas progressé, cela m’avait mise en colère, je l’avais critiquée en n’écoutant que ma propre volonté, j’avais déchargé toute ma frustration sur elle, sans penser le moins du monde à ses émotions ou à sa stature. J’avais même dit devant ma partenaire qu’elle manquait d’humanité. Où était ma bonté ? Ran Jie n’avait accueilli l’œuvre de Dieu dans les derniers jours que depuis six mois, une grande partie de la vérité était encore inaccessible à sa compréhension. N’était-il donc pas normal qu’elle révèle de la corruption face aux problèmes ? Non seulement je ne l’avais pas guidée avec amour pour l’aider à pratiquer la vérité, mais je l’avais en fait méprisée. Mon humanité n’était vraiment pas normale. En réfléchissant à tout cela, j’ai compris que si je n’avais obtenu aucun résultat après avoir échangé plusieurs fois avec Ran Jie, c’était parce que je n’avais pas échangé avec elle avec amour ni utilisé la vérité pour résoudre ses problèmes. Au lieu de cela, je l’avais méprisée et réprouvée avec arrogance, je l’avais réprimandée et grondée sans ménagement. Comment aurais-je pu l’aider à comprendre la vérité et à atteindre un meilleur état en agissant de la sorte ? Alors, je suis venue devant Dieu en prière, prête à traiter ma sœur comme il se doit, et non plus selon mon tempérament corrompu.

Un jour, j’ai lu ce passage des paroles de Dieu : « Tu dois avoir une compréhension des nombreux états dans lesquels les hommes seront lorsque le Saint-Esprit œuvrera en eux. Ceux qui coordonnent le service de Dieu, en particulier, doivent avoir une compréhension encore meilleure de ces états. Si tu parles uniquement des nombreuses expériences et des moyens d’entrer, cela montre que ton expérience est trop partiale. Sans connaître ton véritable état ni saisir les principes de la vérité, il ne te sera pas possible d’atteindre un changement de tempérament. Sans connaître les principes de l’œuvre du Saint-Esprit ni comprendre les résultats qu’elle produit, il sera difficile de discerner l’œuvre d’esprits maléfiques. Tu dois exposer l’œuvre d’esprits maléfiques, de même que les notions des hommes, et aller directement au cœur de la question. Tu dois également souligner de nombreuses déviations dans la pratique des gens et dans les problèmes qu’ils rencontrent dans leur foi en Dieu, afin qu’ils puissent les reconnaître. Tout au moins, tu ne dois pas faire en sorte qu’ils se sentent négatifs ou passifs. Cependant, tu dois comprendre les difficultés qui existent de manière objective pour la plupart des gens. Tu ne dois pas être déraisonnable ni t’épuiser à la tâche en vain. Ce serait un comportement stupide. Pour résoudre les nombreuses difficultés des hommes, tu dois d’abord saisir la dynamique de l’œuvre du Saint-Esprit, comment Il accomplit Son œuvre en fonction des personnes ; tu dois comprendre les difficultés des hommes et leurs manquements ; tu dois trouver l’essence du problème et toucher sa source, sans commettre de déviation ni d’erreur. Seul ce type de personne est qualifié pour coordonner le service de Dieu » (« Ce dont un berger compétent doit être équipé », dans La Parole, vol. 1, « L’apparition et l’œuvre de Dieu »). En réfléchissant à ces paroles de Dieu, j’ai compris ceci : qu’il s’agisse de prêcher l’Évangile ou d’abreuver les nouveaux venus, nous devons toujours être conscients des problèmes et de l’état réels des gens, et échanger sur les vérités pertinentes pour résoudre vraiment leurs problèmes. Si vous ne comprenez pas leurs véritables difficultés et que vous vous contentez d’échanger sur la base de vos propres croyances, non seulement vous ne pourrez pas résoudre leurs problèmes, mais vous risquez de leur nuire ou de les offenser. Parfois, lorsque des nouveaux venus font preuve de corruption et de négativité, et qu’échanger à plusieurs reprises avec eux ne les aide pas à progresser, nous devons d’abord nous demander si nous avons échangé sur la vérité avec lucidité au sujet de leurs problèmes. Si leurs problèmes ne sont toujours pas résolus parce que nous n’avons pas échangé sur la vérité avec lucidité, alors nous n’avons pas fait notre devoir ni assumé nos responsabilités. Je n’ai pas pu m’empêcher de repenser à la façon dont j’avais traité Ran Jie. Chaque fois que je l’avais vue s’énerver contre son mari, j’avais simplement supposé qu’elle était arrogante et qu’elle voulait le mener à la baguette. Alors, je m’étais mise à la critiquer constamment de mon propre gré, jusqu’à la forcer à reconnaître son tempérament corrompu, et en fin de compte, ses problèmes n’étaient pas résolus. Ce n’est qu’après avoir calmé mes pensées et médité sur cette question que j’ai compris que Ran Jie s’emportait en voyant son mari sortir au lieu de lire les paroles de Dieu, c’était principalement parce qu’elle espérait qu’il s’enracine rapidement dans le vrai chemin et qu’il commence à assister régulièrement aux réunions. Comme je n’avais pas échangé avec elle sur ce problème, nos échanges n’avaient produit aucun résultat. En réalité, c’était moi qui constituais le problème principal. Je n’avais pas identifié le problème sur lequel nous aurions dû échanger, et j’avais même estimé qu’elle manquait d’humanité et qu’elle n’acceptait pas la vérité. J’en avais même perdu l’envie de l’abreuver. Je ne me connaissais vraiment pas moi-même. En comprenant cela, je me suis sentie assez honteuse et coupable. Il fallait que je corrige mon attitude envers Ran Jie, que j’échange avec elle sur son état réel et que j’utilise la vérité pour résoudre ses problèmes.

Le lendemain, nous nous sommes de nouveau réunis. En me voyant, Ran Jie s’est plainte que son mari s’était engagé à venir à la réunion, mais qu’il n’était toujours pas rentré à la maison. Elle l’a également qualifié de rétif à la recherche, et dit qu’elle avait envie de l’abandonner. Alors, j’ai échangé avec elle : « Demander à ton mari de venir aux réunions et de lire les paroles de Dieu partait d’une bonne intention, mais nous ne pouvons pas trop lui en demander. Ce ne serait pas réaliste d’attendre de lui, qui vient d’arriver dans la foi, de toujours distinguer les ténèbres et le mal en ce monde, et de refuser de céder aux tendances mondaines. De plus, si tu t’énerves quand il ne t’écoute pas, il est peu probable qu’il t’obéisse. Les gens ont été si profondément corrompus par Satan qu’ils n’aiment pas la vérité, et leur acceptation de la vérité et leur aspiration à entrer dans la vie ne vient que très lentement. Dans bien des cas, arriver à la moindre compréhension ou prise de conscience requiert une intense lecture des paroles de Dieu, de nombreux échanges, de nombreuses expériences et même de nombreux revers. Nous devons donc aider les gens avec amour et leur laisser le temps de changer. Nous avons vu que Dieu exigeait des gens qu’ils transforment leurs tempéraments, mais Il ne les force jamais ni ne place en eux d’attentes irréalistes. Quand Il voit que nous vivons selon nos tempéraments corrompus, Il ne nous abandonne pas, mais Il exprime Ses paroles pour nous abreuver et nous approvisionner, et nous permettre ainsi de faire l’expérience des choses petit à petit, afin de comprendre progressivement la vérité et d’opérer une transformation. Nous éprouvons la grande douceur de Son approche. Donc, si nous voulons que les membres de notre famille assistent aux réunions et lisent davantage les paroles de Dieu, qu’ils posent des bases dès que possible, cela part d’une bonne intention, mais nous devons compatir avec leurs difficultés, les guider et les soutenir patiemment. Ce n’est qu’alors qu’ils seront plus susceptibles d’obtempérer. » À mes paroles, Ran Jie a soupiré longuement, puis a répondu : « J’essaie sans arrêt de faire venir mon mari aux réunions et de l’amener à lire les paroles de Dieu. Je me dis que c’est ce qu’il y a de mieux pour lui, et j’essaie de l’amener à m’obéir. Quand il ne fait pas ce que je lui demande, je m’énerve contre lui. Le traiter comme ça risque fort de le blesser. J’ai eu tort. À l’avenir, je le traiterai conformément aux paroles de Dieu, et non plus selon mon tempérament corrompu. » En voyant que Ran Jie avait compris quelque chose de nouveau et qu’elle souriait, je me suis sentie heureuse avec elle. Ensuite, nous avons lu ensemble ce passage de la parole de Dieu : « La manière de traiter les autres est clairement démontrée ou suggérée dans les paroles de Dieu. Les gens devraient se traiter les uns les autres avec la même attitude que Dieu adopte envers l’humanité. Comment Dieu traite-t-Il chaque personne ? Certaines personnes ont une stature immature, sont jeunes ou ne croient en Dieu que depuis peu de temps, ou ne sont pas mauvaises par nature et essence, ni malveillantes, mais sont juste quelque peu ignorantes ou de faible calibre. Ou bien, elles subissent trop de contraintes et ne comprennent pas encore la vérité, ne sont pas encore entrées dans la vie, si bien qu’il leur est difficile de s’empêcher de faire des bêtises ou de commettre des actes ignorants. Cependant, Dieu ne S’obnubile pas sur les bêtises passagères des gens : Il ne regarde que leur cœur. S’ils sont résolus à poursuivre la vérité, ils sont donc corrects et lorsque c’est leur objectif, alors Dieu les observe, les attend et leur laisse le temps et les occasions qui leur permettent d’entrer. Ce n’est pas que Dieu ne les frappe mortellement pour une simple transgression. C’est une chose que les gens font souvent : Dieu ne traite jamais les gens de cette façon ; Si Dieu ne traite jamais les gens de cette façon, alors pourquoi les gens traitent-ils les autres de cette façon ? Cela ne révèle-t-il pas leur tempérament corrompu ? Il s’agit précisément de leur tempérament corrompu. Tu dois regarder comment Dieu traite les ignorants et les imbéciles, comment Il traite ceux qui ont une stature immature, comment Il traite les manifestations normales du tempérament corrompu de l’humanité et comment Il traite les méchants. Dieu traite les différentes personnes de différentes manières et gère la myriade de conditions de différentes personnes de façon variée. Tu dois comprendre la vérité en ces choses. Une fois que tu as compris ces vérités, tu pourras alors savoir comment faire l’expérience des questions et traiter les gens selon des principes » (« Pour gagner la vérité, on doit apprendre des gens, des événements et des choses proches de soi », dans La Parole, vol. 3, « Sermons de Christ des derniers jours »). Une fois la lecture terminée, Ran Jie a dit que c’était un bon passage, et m’a demandé d’échanger encore avec elle. Alors, à la lumière des paroles de Dieu, j’ai dit : « Quand nous interagissons avec quelqu’un, et remarquons que cette personne a des insuffisances ou des problèmes, nous pouvons en parler de façon aimante et douce, sans trop attendre de cette personne. Nous devons lui laisser le temps d’accepter la vérité, et attendre qu’elle progresse. Dieu sait que nous avons été profondément corrompus par Satan, et qu’accepter et pratiquer la vérité comporte bien des obstacles et des difficultés. Parfois, même si nous comprenons la vérité, nous sommes incapables de la pratiquer sur le champ. Dieu doit échanger avec nous encore et encore. Il craint parfois que nous ne comprenions pas, alors Il nous livre patiemment des exemples et des analogies, et use de toutes sortes de méthodes pour nous conduire vers la connaissance et la compréhension. Parfois, Il nous guide par Ses paroles. À d’autres moments, cependant, nous sommes simplement trop insensibles et rebelles, et aucun échange ne peut donner de résultats. Dans ce cas-là, Dieu crée des situations pratiques pour nous châtier, nous discipliner, nous émonder et nous traiter, afin de nous faire réfléchir sur nous-mêmes et nous aider à nous connaître nous-mêmes. Dieu traite les gens avec beaucoup de principes, et Il ne nous abandonne jamais injustement, simplement parce que nous ne progressons pas après avoir entendu la vérité. L’amour et la patience dont Dieu fait preuve vis-à-vis de l’humanité sont immenses, et Son désir de sauver les hommes est profondément sincère. »

Après avoir échangé avec Ran Jie, je me suis soudain dit : « Je n’ai échangé avec Ran Jie que sur la façon dont elle devait s’y prendre pour traiter convenablement son mari, mais je n’ai pas traité Ran Jie elle-même convenablement ! Lorsque j’ai vu que Ran Jie s’énervait contre son mari, puis qu’elle ne faisait pas de progrès malgré plusieurs échanges, intérieurement, j’ai jugé qu’elle était arrogante, incapable de tenir parole. » En repensant à ce que j’avais révélé, j’ai eu vraiment honte. Ran Jie était une nouvelle venue qui n’avait guère d’expérience, mais je l’avais forcée à reconnaître sa nature arrogante et j’avais exigé qu’elle change. En voyant qu’elle n’avait pas opéré de transformation, je m’étais contentée de la réprouver comme quelqu’un qui ne poursuivait ni n’acceptait la vérité, et j’avais même jugé qu’elle manquait d’humanité. De toute évidence, je n’avais pas saisi l’état de Ran Jie, et je n’avais pas échangé avec elle sur ce dernier, ce qui ne m’avait pas empêché de la forcer à accepter, à se soumettre et à opérer des changements. Je m’étais vraiment comportée de façon arrogante et irrationnelle ! J’ai alors compris que j’avais révélé mon tempérament corrompu. Elle ne croyait en Dieu que depuis six mois, il était donc normal qu’elle soit incapable de réfléchir sur elle-même et de se connaître. J’avais la foi depuis des années, et j’échangeais souvent sur la vérité avec les autres pour résoudre leurs problèmes, mais dans quelle mesure avais-je réellement pratiqué la vérité ? En ne faisant que parler sans pratiquer, ne m’étais-je pas enfermée dans un bavardage doctrinal ? Ce passage des paroles de Dieu m’est alors venu à l’esprit : « Il y a des gens qui ne s’équipent de vérités que pour travailler et prêcher, pour approvisionner les autres, pas pour résoudre leurs propres problèmes, encore moins pour mettre ces vérités en pratique. Leur échange peut être de pure compréhension et en accord avec la vérité, mais ils ne s’y mesurent pas, ne la pratiquent pas et ne l’expérimentent pas non plus. Quel est le problème ici ? Ont-ils vraiment accepté la vérité comme leur vie ? Non. La doctrine que l’on prêche, aussi pure soit-elle, ne signifie pas que l’on possède la réalité de la vérité. Pour être équipé de la vérité, il faut d’abord y être entré soi-même, et la mettre en pratique lorsqu’on la comprend. Si quelqu’un ne se concentre pas sur sa propre entrée, mais cherche à se mettre en valeur en prêchant la vérité aux autres, son intention est erronée. Il y a beaucoup de faux dirigeants qui travaillent de cette façon et qui ne cessent d’échanger avec les autres sur les vérités qu’ils comprennent, qui ne cessent de s’occuper des nouveaux croyants et d’enseigner aux gens à pratiquer la vérité, à bien accomplir leurs devoirs, à ne pas être négatifs. Ces paroles sont bien belles, aimantes même, mais pourquoi ceux qui les prononcent ne pratiquent-ils pas la vérité ? Pourquoi n’ont-ils aucune entrée dans la vie ? Que se passe-t-il ici, réellement ? De telles personnes aiment-elles vraiment la vérité ? C’est difficile à dire. C’est ainsi que les pharisiens d’Israël expliquaient la Bible aux autres, mais eux-mêmes étaient incapables de suivre les commandements de Dieu. Lorsque le Seigneur Jésus est apparu et a œuvré, ils ont entendu la voix de Dieu, mais ont résisté au Seigneur. Ils ont crucifié le Seigneur Jésus et ont été maudits par Dieu. Par conséquent, tous ceux qui n’acceptent pas ou ne pratiquent pas la vérité seront condamnés par Dieu. Qu’ils sont misérables ! Si la doctrine de mots et de lettres qu’ils prêchent peut aider les autres, pourquoi ne peut-elle pas les aider eux ? Nous ferions bien d’appeler de telles personnes des hypocrites qui n’ont aucune réalité. Elles fournissent aux autres les paroles et les lettres de la vérité, elles les font pratiquer par d’autres, mais elles n’en pratiquent pas la moindre parcelle elles-mêmes. De telles personnes ne sont-elles pas effrontées ? Elles n’ont pas la réalité de la vérité, pourtant en prêchant les paroles et les lettres de la doctrine aux autres, elles prétendent l’avoir. Ne s’agit-il pas d’une tromperie et d’un préjudice délibérés ? Si de telles personnes étaient exposées et chassées, elles n’auraient qu’à s’en prendre à elles-mêmes. Elles seraient indignes de pitié » (La Parole, vol. 3, « Sermons de Christ des derniers jours », Troisième partie). Ces paroles de Dieu décrivaient parfaitement l’état dans lequel j’étais. En repensant à cette période où j’avais abreuvé Ran Jie, j’ai compris que je vivais alors selon un tempérament corrompu et que je l’avais traitée injustement. J’avais uniquement vu que Ran Jie avait révélé son tempérament corrompu et qu’elle n’acceptait pas la vérité, mais je n’avais aucune idée ou connaissance de la corruption que j’avais révélée moi-même. Je ne me connaissais pas, et j’avais éhontément critiqué Ran Jie avec les paroles de Dieu, en exigeant d’elle qu’elle fasse des progrès. J’avais agi comme si les autres devaient réfléchir à leur corruption, et que, pour ma part, je n’étais pas corrompue et n’avais donc pas besoin de réfléchir. Je ne me connaissais vraiment pas et je n’avais aucune honte ! Je me servais des paroles de Dieu pour échanger avec les nouveaux venus et résoudre leurs problèmes, mais n’avais pas le moins du monde réfléchi, ni accédé à l’entrée dans la vie. En quoi cela différait-il de la fausse piété des pharisiens ? Comment pouvais-je me croire utile aux autres, en faisant mon devoir ainsi ?

Plus tard, quand le mari de Ran Jie est rentré, elle lui a dit : « Sœur Ye Cheng vient de me lire des passages de la parole de Dieu, et j’ai compris que j’avais tort. Je t’ai bridé avec mon tempérament arrogant. À l’avenir, je vais pratiquer selon les paroles de Dieu, et cesser de te traiter avec un tempérament corrompu. » En voyant Ran Jie capable de pratiquer de la sorte, j’ai eu encore plus honte. Je l’avais réprouvé comme quelqu’un qui n’acceptait pas la vérité, mais, à présent, la réalité de la situation m’infligeait une gifle. En rentrant chez moi, j’ai songé à la façon dont j’avais réprouvé et jugé Ran Jie, et je me suis sentie très coupable. J’ai pensé aux paroles de Dieu qui disent : « Si, au fond de toi, tu comprends vraiment la vérité, alors tu sauras pratiquer la vérité et obéir à Dieu et tu t’engageras naturellement sur le chemin de la poursuite de la vérité. Si le chemin que tu empruntes est le bon et qu’il est conforme à la volonté de Dieu, alors l’œuvre du Saint-Esprit ne te quittera pas : auquel cas il y aura de moins en moins de risque que tu trahisses Dieu. Sans la vérité, il est facile de faire le mal, et tu le commettras involontairement. Par exemple, si tu as un tempérament arrogant et vaniteux, alors le fait de te dire de ne pas t’opposer à Dieu ne fait aucune différence, tu ne peux pas t’en empêcher, c’est incontrôlable pour toi. Tu ne le ferais pas exprès ; tu le ferais sous la domination de ta nature arrogante et vaniteuse. Ton arrogance et ta vanité te feraient mépriser Dieu et te Le feraient voir comme n’ayant pas d’importance ; elles feraient que tu t’exaltes, que tu te mettes constamment en valeur ; elles te feraient mépriser les autres, elles ne laisseraient dans ton cœur que toi-même ; ton arrogance et ta vanité te priveraient de la place de Dieu dans ton cœur et elles finiraient par t’amener à prendre la place de Dieu et à exiger que les gens se soumettent à toi, et elles te feraient vénérer tes propres pensées, idées et notions comme la vérité. Tant de mal est perpétré par les hommes sous la domination de leur nature arrogante et vaniteuse ! Pour résoudre le problème que pose le fait de faire le mal, ils doivent d’abord résoudre le problème de leur nature. Sans un changement dans leur tempérament, il serait impossible d’apporter une résolution fondamentale à ce problème » (« Ce n’est qu’en cherchant la vérité qu’on peut réaliser un changement de tempérament », dans La Parole, vol. 3, « Sermons de Christ des derniers jours »). En réfléchissant à ces paroles de Dieu, j’ai vu mon tempérament corrompu avec d’autant plus de clarté. En repensant à cette période où j’avais abreuvé Ran Jie, j’ai vu que je n’avais pas réfléchi sur moi-même en voyant qu’elle ne progressait pas malgré plusieurs échanges, et je m’étais contentée de conclure qu’elle n’acceptait pas la vérité. Je n’avais croisé Ran Jie que quelques fois, je ne la connaissais pas vraiment, mais je l’avais quand même jugée et réprouvée avec insouciance, comme si je comprenais parfaitement la vérité et que j’étais capable de percevoir l’essence de quelqu’un au bout de quelques rencontres. Mais les faits m’avaient montré que je ne saisissais pas la racine et l’essence des problèmes des gens, et que je n’évaluais pas ni ne traitais les gens sur la base de l’ensemble de leurs comportements, de leur nature et de leur essence. Je ne comprenais pas la vérité, et pourtant je croyais profondément en moi et je m’accrochais à mes croyances. Je n’avais pas la moindre connaissance de moi-même. Si je continuais à traiter les nouveaux venus selon mon tempérament arrogant, j’allais, au mieux, commencer à développer des préjugés contre eux, et risquer de les restreindre, de leur nuire et de retarder leur entrée dans la vie. Et au pire, je risquais de les juger et de les réprouver, voire de les abandonner avec insouciance. Ce serait là leur faire du mal ! Comprendre cela m’a vraiment horrifiée en même temps que soulagée. Quand je m’étais montrée arrogante en sous-estimant Ran Jie, ma partenaire me l’avait signalé, ce qui m’avait permis de reconnaître mon problème et d’opérer un changement à temps. C’était là la protection de Dieu. Ensuite, des obligations professionnelles m’ont contrainte à quitter l’Église temporairement. Un mois plus tard, quand j’ai revu Ran Jie, elle m’a dit qu’elle avait fait l’expérience des paroles de Dieu et qu’elle en avait témoigné en prêchant l’Évangile. Prise par l’émotion, elle a ajouté : « Récemment, en faisant partager l’Évangile, j’ai remarqué que certaines personnes qui recherchent et étudient gardent tout de même toutes sortes de notions religieuses. Les frères et sœurs doivent échanger très patiemment avec elles, et lire énormément les paroles de Dieu, avant que leurs notions ne soient résolues et qu’elles puissent venir se présenter à Lui. Le salut de Dieu pour l’humanité ne saurait être facile. Avant cela, je n’étais pas patiente. Je méprisais mon mari du fait qu’il ne poursuivait pas la vérité, et j’exigeais de lui qu’il s’interdise de faire toutes sortes de choses. Je lui en demandais trop, j’avais tort. Les paroles de Dieu sont véritablement formidables et je dois en faire davantage l’expérience… » Quand j’ai entendu cela, j’étais vraiment heureuse pour elle, mais j’ai aussi ressenti de la honte et une grande émotion. Il faut vraiment du temps et de l’expérience pour que chacun d’entre nous accepte la vérité.

Par la suite, lorsque des nouveaux venus ont fait montre de corruption dans le cadre de l’abreuvement, je me suis attachée à identifier la cause profonde de leurs problèmes, et à chercher les principes de vérité appropriés pour m’occuper d’eux. Durant cette période, j’ai également compris comment chacun d’entre nous, entre l’exploration de l’œuvre de Dieu et la pose des bases, doit suivre un certain processus. En les abreuvant et en les soutenant, j’ai également réfléchi sur moi-même et corrigé mes propres états inadaptés. Je les ai aidés avec amour, ce qui leur a permis de poser des bases et de venir devant Dieu aussi vite que possible. En accomplissant mon devoir de la sorte, je me suis sentie en paix et à l’aise.

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