Hors de l’asile d’aliénés

26 mars 2022

Par Xiaocao, Chine

C’était en janvier 2012. Une voisine m’a prêché l’Évangile de Dieu Tout-Puissant des derniers jours. Je m’étais épuisée à tenir un commerce, ce qui m’avait valu une grave entorse lombaire et une épaule bloquée. C’était si douloureux que je pouvais à peine me brosser les cheveux et m’habiller, et les médicaments ne me faisaient rien. Comme ma santé s’est miraculeusement améliorée quand j’ai acquis la foi en Dieu, mon mari et mon fils étaient ravis et ils soutenaient vraiment ma foi. Mais, quelques mois plus tard, mon mari a vu des mensonges sur l’Église de Dieu Tout-Puissant que le Parti communiste avait diffusés sur Internet et il a commencé à s’opposer à ma foi. Il a dit : « Le gouvernement est contre ton Dieu. Si tu te fais arrêter pour ça, ça nuira à la carrière de notre fils. Tu devrais y renoncer. » Un jour, alors que je rentrais après avoir prêché l’Évangile, il m’a dit avec une expression sévère : « La Brigade de la sécurité nationale m’a appelé pour me demander si tu étais croyante et m’a dit que tu devais leur donner tes livres sur Dieu si tu l’étais. Elle m’a aussi demandé d’identifier des gens sur des photos. Tu seras forcément arrêtée si tu continues. » J’ai répondu : « J’emprunte le bon chemin dans la vie et je n’ai rien fait d’illégal. Ils n’ont pas le droit ! » Il a dit : « Que tu es naïve ! Le PCC vous a dans le collimateur, vous autres croyants. Si tu continues à croire, tu seras arrêtée, brutalisée, et tu verras à quel point il est impitoyable. » J’ai pensé qu’il deviendrait plus dur de suivre ce chemin si mon mari s’y opposait. J’ai prié Dieu dans mon cœur pour Lui demander de me guider à travers ce qui m’attendait. J’ai aussi décidé que je n’abandonnerais jamais ma foi, quelle que soit la manière dont mon mari y ferait obstacle.

C’était en décembre 2012, alors que j’étais croyante depuis presque un an. J’ai été arrêtée et détenue pendant cinq jours parce que quelqu’un m’avait dénoncée pour avoir prêché l’Évangile. Le jour où on m’a relâchée, un policier m’a prévenue : « Une fois dehors, tu as intérêt à laisser tomber ça, sinon tu es sûre d’aller en prison ! » Environ une demi-heure plus tard, mon mari est venu me chercher. Il avait l’air très contrarié et il avait une expression horrible. Il est sorti de la voiture et entré dans le poste de police. Je ne sais pas ce qui s’y est passé. Ensuite, il m’a ramenée à la maison. Mon frère, ma sœur et mon beau-frère m’attendaient devant la porte. J’ai supposé qu’ils étaient tous là pour me dissuader de pratiquer ma foi. En plus, mon frère était un dirigeant du comté et il m’avait déjà dit que je devais renoncer parce qu’il avait vu sur Internet toutes sortes de mensonges du Parti communiste, qui condamnaient et blasphémaient l’Église. Il m’avait aussi dit que ma foi pouvait nuire à la carrière de mon fils et à la sienne, qu’il pouvait perdre son poste de fonctionnaire à cause de ça. Je savais qu’il devait être là pour essayer de nouveau de me faire renoncer à ma foi. Je me suis empressée de prier pour demander à Dieu de me guider et de me protéger de ces perturbations. Dès que je suis sortie de la voiture, mon frère s’est approché et m’a dit avec un grand sourire : « Tu devrais laisser tomber ces histoires de Dieu. Reste chez toi et occupe-toi de ta maison. Ne sois pas têtue. Ton fils a un bon emploi, qu’il risque de perdre si tu continues. Il te haïrait pour toujours. » Alors mon beau-frère m’a crié dessus, les mâchoires crispées et en gesticulant : « Avoir foi en Dieu ? Où est Dieu ? Je ne crois pas en Lui et j’ai une très bonne vie ! » Alors mon mari a dit avec colère : « Il n’a pas été facile pour notre fils d’obtenir un bon emploi, de se faire remarquer. Et s’il perdait son emploi à cause de ta foi ? » Ma sœur s’est approchée et m’a dit : « Tu devrais laisser tomber tout ça. Ton mari est gentil avec toi et ton fils a un bon emploi. Ҫa devrait te suffire. Contente-toi de prendre soin de ta famille. » En entendant ça, j’ai pensé que mon mari et moi avions travaillé dur pour financer l’éducation de notre fils. Il avait trouvé un emploi bien payé, ce qui n’était pas facile. S’il perdait vraiment son emploi à cause de ma foi, il risquait de me haïr jusqu’à la fin de sa vie ! Mais alors je me suis dit que je trahirais Dieu en renonçant à ma foi et j’ai pensé à toutes les vérités que j’avais apprises en tant que croyante. Je savais qu’un être créé devait vénérer Dieu, que c’était le bon chemin à suivre, et Dieu avait aussi guéri mes blessures. Je ne pouvais pas manquer de conscience à ce point-là. J’ai prié Dieu en silence dans mon cœur : « Ô Dieu, ma famille essaie de me forcer à renoncer à ma foi et je me sens coupable. S’il Te plaît, donne-moi de la foi et de la force. » Alors je me suis souvenue de ces paroles de Dieu : « Dans chaque étape du travail que Dieu fait à l’intérieur des gens, à l’extérieur, tout apparaît comme des interactions entre les personnes, comme nées des arrangements humains ou d’une interférence humaine. Mais, dans les coulisses, chaque étape de travail, tout ce qui arrive, est un pari que Satan a fait avec Dieu et requiert que les gens restent fermes dans leur témoignage en faveur de Dieu. Considérez quand Job a été éprouvé, par exemple : dans les coulisses, Satan faisait un pari avec Dieu, et ce qui est arrivé à Job est venu des actions des hommes et de l’ingérence des hommes. Derrière chaque étape de travail que Dieu fait en vous, il y a le pari de Satan avec Dieu. Derrière tout cela, il y a une bataille » (« Ce n’est qu’en aimant Dieu que l’on croit vraiment en Dieu », dans La Parole apparaît dans la chair). J’ai compris que derrière ma famille qui se liguait contre moi, c’était Satan qui me mettait à l’épreuve et m’attaquait. Ma famille avait été dupée par les mensonges du Parti et se servait de l’emploi de mon fils pour faire pression sur moi afin que je trahisse Dieu. Je ne pouvais pas tomber dans le piège de Satan, je devais témoigner pour Dieu. J’ai aussi songé que l’emploi de mon fils, quel qu’il soit, dépendait entièrement de la règle et des arrangements de Dieu. Personne ne pouvait changer ça. Alors j’ai dit : « Avoir la foi est le bon chemin dans la vie et je n’ai violé aucune loi. C’est parce que le Parti communiste est mauvais qu’il m’a arrêtée et qu’il vous a mêlés à ça. Vous ne devriez pas m’opprimer avec lui ni faire obstacle à ma foi. Vous savez tous qu’avant que je ne croie en Dieu, mes blessures étaient si graves que je ne pouvais même pas m’occuper de moi. J’ai complètement guéri après avoir gagné la foi et c’est entièrement le fruit de la grâce et des bénédictions de Dieu. Dieu Tout-Puissant est le vrai Dieu, la venue du Sauveur. Les désastres ne cessent de s’aggraver et Dieu Tout-Puissant a exprimé de nombreuses vérités. Il l’a fait pour sauver l’humanité des péchés et des désastres, pour qu’on bénéficie de Sa protection, qu’on survive aux désastres et qu’on entre dans Son royaume. Si je laisse la persécution du Parti communiste me détourner de ma foi en m’effrayant, je perdrai ma chance de salut. Même si vous vous y opposez, je suis fermement engagée sur mon chemin de foi. » Fou de rage, mon mari s’est planté devant moi, m’a montrée du doigt et a dit : « Tu es un cas désespéré ! » Alors mon frère et lui ont échangé un regard, se sont approchés de la maison ensemble et se sont mis à parler de je ne sais quoi. J’étais perplexe. De quoi parlaient-ils si sournoisement ? Ils sont revenus peu après, mon frère a jeté un coup d’œil à ma sœur, puis il a dit avec un demi-sourire : « Allons chercher quelque chose à manger ! » Ma sœur et mon neveu par alliance se sont approchés de moi et m’ont entraînée vers la voiture en me tenant chacun une main. Je sentais que quelque chose clochait. J’ai essayé de leur faire lâcher mes mains et j’ai dit que je ne voulais aller nulle part, mais ils m’ont juste poussée dans la voiture. La voiture s’est arrêtée après environ une demi-heure de trajet et, à ma grande surprise, nous étions devant un hôpital psychiatrique. Mon mari, mon frère et mon beau-frère sont sortis de la voiture. J’étais abasourdie. Allaient-ils vraiment me faire interner dans un asile ? J’ai pensé que je devais sortir de la voiture et m’enfuir, mais les portières étaient verrouillées. Je les ai vus se diriger ensemble vers le bureau de l’hôpital et j’ai tout compris, subitement. Ils avaient prévu ça depuis le début. Ils m’avaient amenée là par la ruse en disant qu’on allait manger quelque part. J’étais furieuse et écœurée. Je n’en revenais pas qu’ils m’aient amenée là, qu’il soient aussi cruels. Des soi-disant êtres chers ! Je me suis souvenue que, quand il était venu me chercher au poste de police, mon mari avait parlé aux policiers à l’intérieur un moment, et que les membres de ma famille avaient échangé des regards entendus quand ils avaient dit qu’on allait manger quelque part. J’ai compris que c’était sans doute un plan fomenté par le Parti communiste. Ils essayaient tout pour me faire trahir Dieu. Je ne peux pas exprimer à quel point j’étais contrariée et mes yeux se sont emplis de larmes. Indignée, je leur ai dit : « Vous m’amenez ici pour qu’on me tourmente, juste parce que je crois en Dieu. C’est vous qui êtes fous ! Ce que vous faites est mal et contre toute raison. Vous n’échapperez pas à votre châtiment. » À ce moment-là, deux aides-soignants sont sortis de l’hôpital, équipés de lanières pour m’immobiliser. Mon mari, mon frère et mon beau-frère se sont contentés de me regarder sans dire un mot. Ҫa m’a brisé le cœur et désespérée. Même dans mes pires cauchemars, je n’aurais jamais imaginé que ma famille, juste pour protéger ses intérêts et éviter d’être impliquée, écouterait les mensonges du Parti communiste et me ferait interner dans un hôpital psychiatrique où je serais tourmentée, sans se soucier que je vive ou que je meure, alors que j’allais parfaitement bien. Ce n’étaient pas des êtres chers : c’étaient des démons. Quand cette idée m’est venue, je n’ai plus pu retenir mes larmes. Je ne pouvais même pas les regarder. Indignée, j’ai dit aux aides-soignants : « Je n’ai aucun problème ! Ils m’ont amenée ici par la ruse. Ils ne me font interner que parce que je crois en Dieu. Vous ne vous êtes même pas renseignés. Pourquoi m’attachez-vous ? » Mais ils m’ont complètement ignorée.

Ils m’ont admise en tant que patiente gravement perturbée et m’ont enfermée dans l’aile 1, dont tous les couloirs, toutes les portes et toutes les fenêtres avaient des barreaux. Ma chambre faisait trois ou quatre mètres-carrés et elle était complètement vide. Il n’y avait qu’un lit avec un édredon sale qui était couvert de taches de vieille urine. L’odeur âcre de l’urine flottait dans la pièce. Il n’y avait pas de toilettes dans la chambre, juste une salle de bains mixte dans le couloir, qui était toujours verrouillée. Je devais trouver un aide-soignant à chaque fois que j’avais envie d’aller aux toilettes et, s’ils étaient occupés, il refusaient d’ouvrir la porte. Il fallait que je me retienne. Les lamentations des patients résonnaient en permanence dans l’hôpital. Parfois ils chantaient ou pleuraient ou se mettaient à crier : « Laissez-moi sortir ! Laissez-moi sortir ! » Ils cognaient aussi les barreaux tout le temps. L’endroit semblait peuplé de fantômes gémissants et de loups. Ҫa me glaçait le sang. Il me semblait que ce n’était pas un endroit pour des humains. Juste parce que j’avais la foi, j’avait été arrêtée et emprisonnée par le Parti communiste et, dès qu’on m’avait relâchée, ma propre famille m’avait emmenée me faire tourmenter dans un asile. J’étais tombée de Charybde en Scylla, dans la tanière du lion. Comment étais-je censée vivre comme ça ? Plus j’y pensais, plus je me sentais mal, et je me mettais à pleurer. En pleurant, je pensais aux réunions avec les frères et sœurs, où nous chantions des hymnes et louions Dieu. Je n’aspirais qu’à lire les paroles de Dieu et faire mon devoir avec eux, mais je ne pouvais pas sortir et je ne savais pas combien de temps on me garderait là. Quand mes souffrances s’achèveraient-elles ? J’ai prié : « Ô Dieu, je suis enfermée avec des malades mentaux. Je souffre terriblement. Mon Dieu, je ne sais pas comment traverser ça. Guide-moi, s’il Te plaît. » Après ma prière, je me suis souvenue d’un passage des paroles de Dieu : « Vous vous souvenez peut-être tous de ces paroles : “Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire”. Vous avez tous déjà entendu ces paroles, pourtant aucun d’entre vous n’en a compris la vraie signification. Aujourd’hui, vous avez acquis une conscience profonde de leur véritable signification. Ces paroles seront accomplies par Dieu dans les derniers jours, et elles s’accompliront en ceux qui ont été brutalement persécutés par le grand dragon rouge dans le pays où il se tapit. Le grand dragon rouge persécute Dieu et est l’ennemi de Dieu ; et ainsi, dans ce pays, ceux qui croient en Dieu sont donc soumis à l’humiliation et à l’oppression, et par conséquent, ces paroles s’accomplissent en vous, en ce groupe de personnes. Parce qu’elle est entreprise sur une terre qui s’oppose à Dieu, toute l’œuvre de Dieu se heurte à de terribles obstacles, et l’accomplissement de nombre de Ses paroles demande du temps ; ainsi, les hommes sont épurés grâce aux paroles de Dieu, ce qui constitue également un élément de souffrance. Il est extrêmement difficile pour Dieu d’accomplir Son œuvre dans le pays du grand dragon rouge. Cependant, c’est grâce à cette difficulté que Dieu accomplit une étape de Son œuvre : rendre manifestes Sa sagesse et Ses prodigieuses réalisations, et saisir cette occasion pour rendre complet ce groupe de personnes » (« L’œuvre de Dieu est-elle aussi simple que l’homme l’imagine ? », dans La Parole apparaît dans la chair). J’ai compris que le Parti était l’ennemi mortel de Dieu et qu’il ne permettait pas aux gens d’avoir la foi et de suivre Dieu. Comme Dieu Tout-Puissant exprime des vérités pour sauver l’humanité, le Parti arrête et persécute follement les croyants, et répand toutes sortes de rumeurs et de mensonges, condamnant l’Église de Dieu Tout-Puissant, pour tromper ceux qui ne connaissent pas la vérité. Il implique les membres des familles des croyants sur des générations, gâchant leurs carrières et les incitant à s’en prendre au croyant qu’il y a dans leur vie. Il se sert d’eux pour forcer les croyants à trahir Dieu. Le Parti est incroyablement maléfique. Ma famille a été trompée par le Parti, est devenue sa complice, m’a persécutée pour ma foi et m’a même placée dans un hôpital psychiatrique. C’était un endroit horrible, mais ça m’a permis de voir l’essence maléfique du Parti communiste et que Dieu perfectionnait ma foi de cette manière, alors je devais m’en remettre à Lui et témoigner. Quand cette pensée m’est venue, J’ai prié pour demander à Dieu de rester auprès de moi et de me protéger de Satan le diable. Plus Satan m’a opprimée, plus j’ai cru en Dieu.

Le deuxième jour à l’hôpital, un aide-soignant a voulu me faire prendre une pilule. Exaspérée, je lui ai dit : « Je vous ai dit que je n’avais aucun problème. Je suis tout à fait normale et je ne prendrai pas ça. » Il a répondu : « Personne ne se retrouve ici s’il n’a aucun problème. Si tu acceptes le traitement, tu iras mieux et tu sortiras plus vite. » Mais, quoi qu’il dise, j’avais peur de prendre la pilule. Le troisième jour, une personne gravement perturbée a été admise et on m’a transférée dans l’aile 3, parce qu’il n’y avait plus de lits disponibles dans la mienne. Cette aile était moins strictement contrôlée. Je pouvais quitter ma chambre pour participer à des activités. Dans cette aile, j’ai vu que certains patients avaient des pantalons si usés qu’on voyait leurs fesses, que leurs visages et leurs cous étaient crasseux et qu’ils avaient les cheveux tout emmêlés. Certaines personnes avaient des vêtements si sales qu’ils semblaient huileux. C’était répugnant. Il y avait deux autres patientes dans ma chambre, dans cette aile. L’une avait le regard vide et le visage inexpressif, et il arrivait qu’elle parle toute seule. Je ne savais pas depuis combien de temps l’autre était enfermée là. Tous les matins, dès son réveil, elle allait faire les cent pas dans le couloir en fumant. Elles me faisaient vraiment peur. J’avais peur qu’au cours d’une crise, elles me frappent ou me tirent les cheveux quand j’étais distraite, ou qu’elles m’étouffent dans mon sommeil, alors je ne dormais jamais profondément. Tous les soirs, avant de m’endormir, je priais Dieu en silence encore et encore pour Lui demander de me protéger. C’était mon seul moyen de me détendre assez pour dormir de manière un peu reposante. Un aide-soignant venait tous les jours pour nous donner nos médicaments, une par une. Je ne prenais le mien que quand il me regardait attentivement. Sinon, je n’avalais pas la pilule et je m’en débarrassais quand j’allais aux toilettes. Un jour, une autre patiente m’a vue faire et m’a dit : « Tu ne dois pas faire ça. Une fois, un aide-soignant m’a surprise en train de jeter des médicaments. Il m’a giflée plusieurs fois, puis il a enfoncé un tube en plastique dans mon nez et m’a fait prendre les médicaments de cette manière. C’était très douloureux. » Je n’ai jamais su si cette femme m’avait dénoncée aux aides-soignants, mais le personnel de l’hôpital a surveillé les patients de plus près quand ils prenaient leurs médicaments après ça. Les aides-soignants se tenaient près d’une tabler carrée pour superviser l’opération. Ils nous faisaient ouvrir la bouche et se servaient d’une lampe de poche pour s’assurer qu’on avait avalé les pilules. Il a bien fallu que je prenne les pilules.

Quelques jours plus tard, le directeur de l’hôpital est venu inspecter les chambres et m’a demandé tout à coup : « Le grand désastre se produira-t-il le 21 ? » J’ai trouvé sa question très étrange et j’ai dit : « Seul Dieu peut dire quand le désastre viendra. » Il a répondu : « Je vois que tu ne vas vraiment pas bien. On doit augmenter ta posologie. » Après ça, j’ai dû prendre deux pilules au lieu d’une. J’étais furieuse. Le directeur avait doublé ma posologie sur un coup de tête sans savoir si j’avais réellement un problème. Il n’avait aucun respect pour la vie humaine. Un hôpital devrait être un endroit où l’on sauve des vies et où l’on aide les blessés, mais c’était devenu un endroit où le Parti communiste pouvait persécuter les chrétiens. Ils me faisaient du mal avec malveillance, juste à cause de ma foi. J’ai haï le Parti jusqu’au bout des ongles.

Après dix jours de traitement, j’ai commencé à me sentir très faible. Même marcher devenait difficile. Je me suis demandé si c’était l’effet du médicament qu’ils me donnaient. Je me sentais très mal après si peu de temps… Je tomberais malade, si je continuais à le prendre, alors que j’allais bien en arrivant. Et, à force de voir des malades mentaux tous les jours, d’être malheureuse et déprimée, j’avais l’impression que j’étais sur le point de développer des troubles mentaux à cause de ces tourments. Je priais souvent Dieu et je n’ai pu traverser ça que grâce à l’orientation de Ses paroles. Je me souviens qu’une fois, après avoir prié, j’ai pensé à la résurrection de Lazare par le Seigneur Jésus. Lazare était mort depuis quatre jours et son corps commençait à sentir mauvais, mais Dieu l’a ramené d’entre les morts avec quelques paroles. Dieu est tout-puissant. Il règne sur le destin de l’humanité. Alors je savais que ma vie, elle aussi, était entre les mains de Dieu. J’ai pensé à des paroles de Dieu : « Pour tout ce qui se produit dans l’univers, J’ai toujours le dernier mot. Y a-t-il quelque chose qui ne soit pas dans Mes mains ? » (« Chapitre 1 » des Paroles de Dieu à l’univers entier, dans La Parole apparaît dans la chair). Le fait que le traitement me rende folle ou non et le moment de ma libération étaient entre les mains de Dieu. Je devais traverser ça grâce à ma foi et en m’en remettant à Dieu. Cette pensée a renforcé ma foi et j’ai eu moins peur.

Un soir, deux semaines plus tard, j’ai songé que je pouvais appeler ma famille pour voir s’il me serait possible de sortir plus tôt. Le lendemain matin, mon mari est venu à l’hôpital et je lui ai demandé de me faire sortir de là. Je lui ai dit que cet endroit n’était pas fait pour les humains et que toute personne saine d’esprit deviendrait folle en y restant trop longtemps. Il a appelé mon frère pour qu’ils en discutent et j’ai entendu mon frère dire au téléphone : « Fais-lui d’abord jurer par écrit qu’elle renonce à sa foi. Ensuite, elle pourra sortir. Elle peut mourir là si elle garde sa foi. » Je n’aurais jamais imaginé que mon frère - ma chair et mon sang - puisse dire une chose pareille. C’était vraiment glaçant. Ce n’était pas un membre de ma famille, c’était un diable à visage humain ! Voyant qu’il n’avait pas l’intention de me laisser sortir, j’ai pensé que je ne réussirais jamais à m’échapper de cet endroit s’il m’y abandonnait. Alors comment pratiquerais-je ma foi ? J’ai donc rusé et lui ai dit : « Je ne crois plus. » Alors il a accepté de me ramener à la maison. Mon mari me suivait en permanence. Il ne me laissait pas aller à des réunions ni lire les paroles de Dieu. Parfois, pendant ma sieste, il venait même voir si je lisais les paroles de Dieu, mais je pouvais encore les lire en secret sur mon lecteur MP5. Puis, un matin, il m’a surprise alors que je le rechargeais. Il me l’a pris et a hurlé, furieux : « Comment peux-tu encore croire ? Si on t’attrape, que tu vas en prison et que notre fils perd son emploi à cause de toi, comment pourras-tu lui faire face ? Tu n’as plus le droit de suivre Dieu ! » En disant ça, il m’a poussée brutalement et ma tête a heurté le côté du lit avec un bruit sourd. Je ne comprenais pas comment il pouvait être si méchant. Je ne faisais que croire en Dieu. Il me traitait très cruellement alors que je n’avais rien fait de mal. Non seulement il m’avait fait interner, mais il levait la main sur moi et m’interdisait de lire les paroles de Dieu. Me sentant de plus en plus mal, j’ai prié Dieu : « Ô Dieu, mon mari me traite de manière horrible et je me sens faible. Je ne sais pas comment rester sur ce chemin. Guide-moi, s’il Te plaît. » Alors j’ai pensé à ces paroles de Dieu : « Aujourd’hui, la plupart des gens n’ont pas cette connaissance. Ils croient que la souffrance est sans valeur, ils sont rejetés par le monde, leur vie familiale est troublée, ils ne sont pas aimés de Dieu et leurs perspectives sont sombres. La souffrance de certaines personnes atteint un degré extrême, et leurs pensées se tournent vers la mort. Ce n’est pas le véritable amour pour Dieu ; ces gens sont des lâches, ils ne sont pas persévérants, ils sont faibles et impuissants ! Dieu désire ardemment que l’homme L’aime, mais plus l’homme L’aime, plus grande est la souffrance de l’homme ; plus l’homme L’aime, plus grandes sont les épreuves de l’homme. […] Ainsi, au cours de ces derniers jours, vous devez rendre témoignage à Dieu. Quelle que soit votre souffrance, vous devrez marcher jusqu’au bout, et même à votre dernier souffle, vous devez toujours être fidèles à Dieu et être à la merci de Dieu ; il n’y a que de cette façon qu’on aime vraiment Dieu et qu’on laisse un témoignage fort et retentissant » (« Ce n’est qu’en vivant des épreuves douloureuses que tu peux connaître la beauté de Dieu », dans La Parole apparaît dans la chair). En méditant les paroles de Dieu, j’ai compris clairement que même si je souffrais dans cette épreuve, Dieu Se servait de cette situation pour perfectionner ma foi et m’offrir une chance de témoigner pour Lui devant Satan. C’était l’amour de Dieu. Tant que je ne comprenais pas la volonté de Dieu, je me sentais faible et négative à cause de ma souffrance. J’ai vu à quel point j’étais lâche. Alors j’ai pensé à mon mari, qui essayait de me faire renoncer à Dieu. Il m’avait personnellement emmenée dans un asile, sans se soucier que je vive ou que je meure, et il venait même de me frapper. À ce moment-là, j’ai clairement vu qu’il était un démon qui haïssait Dieu et s’opposait à Lui. Je me suis souvenue de ce que Dieu avait dit : « Les croyants et les incroyants ne sont pas compatibles, mais plutôt opposés les uns aux autres » (« Dieu et l’homme entreront dans le repos ensemble », dans La Parole apparaît dans la chair). Mon mari et moi appartenions à des espèces de gens différentes et suivions des chemins différents. Je continuerais à suivre Dieu, quelle que soit la manière dont mon mari m’opprimerait. Je ne me laisserais pas entraver. Alors je lui ai dit : « Divorçons. Tu es sur un chemin mondain, tu recherches l’argent, et je suis sur un chemin de foi. Nous sommes sur des chemins différents et nous n’avons rien en commun. Puisque tu as peur pour notre fils, on devrait divorcer. Alors ma foi n’aura plus d’effet sur vous deux. Je n’ai besoin d’aucun de nos biens. Je n’ai besoin que d’une chambre, d’un endroit où vivre, pour pouvoir suivre Dieu. » Il a dit : « Je sais que tu es une femme bonne. Je ne veux pas divorcer. » J’ai dit : « Si tu ne veux pas divorcer, alors donne-moi ma liberté. Je suis une croyante et tu ne peux pas me faire obstacle. » Il a dit : « Tu peux avoir ta liberté, mais à condition que tu jures par écrit que tu renonces à Dieu Tout-Puissant ! » Quand j’ai entendu ça, j’ai dit : « Je dois garder ma foi. Je ne peux pas signer de serment. » Il est resté sans voix. Après ça, voyant qu’il ne pouvait pas m’empêcher de croire, il s’est moins opposé au fait que je pratique ma foi. J’ai pu vivre une vie de l’Église et faire un devoir normalement.

Un soir, je suis allée voir une sœur qui vivait tout près pour discuter de l’abreuvement des nouveaux croyants. Mon fils est arrivé alors qu’on venait de s’asseoir et a dit à la sœur, furieux : « C’est toi qui convertis ma mère ! » Puis il a essayé de la frapper. Je me suis empressée d’enrouler mes bras autour de lui pour le retenir. Il m’a traînée à la maison dans une crise de rage et m’a dit avec colère : « Tu dois arrêter ça. Regarde ce qu’ils disent sur ton Église sur Internet ! » Alors il a répété quelques-uns des mensonges calomnieux du Parti communiste sur l’Église de Dieu Tout-Puissant. Ensuite, il a hurlé : « Papa, appelle l’hôpital psychiatrique et renvoie-la là-bas ! » J’ai cru que ma tête allait exploser quand je l’ai entendu dire ça. Je n’aurais jamais imaginé que mon fils s’allierait à son père pour s’opposer à ma foi dans l’intérêt de son travail. C’était brutal. J’ai entendu mon mari appeler l’hôpital et quelqu’un, à l’autre bout de la ligne, dire qu’ils n’avaient plus de place. Mon mari a dit : « Appelons la police et laissons-les l’emmener. » Mon fils a répondu : « Elle ne peut pas être enfermée là-bas. Et si on la gardait dans la pièce obscure où on élevait des lapins ? » Alors ils m’ont portée de force dans cette pièce, ont fermé le portail en fer et sont partis. Voir à quel point mon mari et mon fils avaient été trompés par le Parti et se montraient brutaux envers moi a été vraiment glaçant, et j’ai encore plus haï le Parti communiste du fond du cœur. J’ai pensé aux paroles de Dieu : « Pendant des milliers d’années, ce pays a été une terre d’ordures. Il est insupportablement sale, la misère abonde, les fantômes pullulent partout, trichant et trompant, portant des accusations sans fondement[1], étant impitoyables et vicieux, piétinant cette ville fantôme et la laissant jonchée de cadavres. L’odeur de la pourriture imprègne l’air et couvre le pays qui est fortement gardé[2]. Qui peut voir le monde au-delà des cieux ? Le diable ligote fortement tout le corps de l’homme, il lui voile les yeux et lui scelle les lèvres fermement. Le roi des démons a tout saccagé pendant plusieurs milliers d’années jusqu’à nos jours alors qu’il surveille toujours la ville fantôme de près, comme si elle était un palais impénétrable de démons […]. Ancêtres des anciens ? Leaders bien-aimés ? Ils s’opposent tous à Dieu ! Leur ingérence a tout laissé sous le ciel dans un état de ténèbres et de chaos ! Liberté de religion ? Les droits et intérêts légitimes des citoyens ? Tout cela n’est qu’une ruse pour camoufler le péché ! » (« L’œuvre et l’entrée (8) », dans La Parole apparaît dans la chair). Le Parti arrête et persécute les chrétiens, répand toutes sortes de rumeurs et de calomnies sur l’Église de Dieu Tout-Puissant et implique les familles des croyants. Trompée par le Parti, ma famille était devenue sa complice et essayait de m’empêcher de croire en Dieu. Elle m’avait fait interner dans un hôpital psychiatrique où j’avais été tourmentée, et voilà qu’elle m’enfermait de nouveau. Une famille parfaitement heureuse était réduite à ça. Le Parti était le vrai meneur et je l’ai haï, ce démon, du fond du cœur.

Peu après, mon fils a apporté un tabouret, s’est assis devant le portail et a dit : « Tu dois arrêter de croire en Dieu, maman. Tu as travaillé très dur quand tu avais ton commerce et il n’a pas été facile de financer mon éducation. Maintenant, je travaille et j’ai un peu d’argent. Et si je t’offrais un voyage ? » Quand il a dit ça, j’ai compris que c’était une ruse de Satan, alors je lui ai dit : « Avant de devenir croyante, je voulais juste gagner de l’argent. C’était une manière difficile et épuisante de vivre. Maintenant que j’ai trouvé Dieu et compris certaines vérités, ma vie est bien plus libre et plus heureuse. Ne pouvez-vous pas me laisser tranquille, tous les deux ? Je garderai ma foi, même si tu me rejettes en tant que mère et que ton père et moi divorçons. Je me suis dévouée à ce chemin. » Il est parti sans rien répondre. J’étais très reconnaissante envers Dieu d’avoir renforcé ma foi et je me sentais en paix. Je me suis mise à chanter cet hymne : « Vrai Dieu Tout-Puissant, mon cœur T’appartient. La prison peut seulement contenir mon corps, mais ne peut pas m’empêcher de Te suivre. Un chemin cahoteux de souffrance, avec Tes paroles je n’aurai pas peur. En compagnie de Ton amour, mon cœur est rassasié » (« Un choix sans regret », dans Suivre l’Agneau et chanter des cantiques nouveaux). Je sentais Dieu à mes côtés. Même assise dans cette petite pièce sombre, ne voyant rien autour de moi, je n’étais pas malheureuse. Le lendemain matin, à ma grande surprise, mon fils a ouvert le portail, m’a laissée sortir et a dit : « On va te laisser tranquille, maintenant, maman. Tu peux faire ce que tu veux. » Quand il a dit ça, j’ai su que Satan avait été humilié et vaincu, et j’ai remercié Dieu.

Avoir été arrêtée par le Parti communiste et opprimée par ma famille m’a aidée à voir pleinement l’essence démoniaque du Parti qui s’oppose à Dieu. Il arrête et persécute les croyants, il répand toutes sortes de mensonges pour tromper les gens, ce qui incite les familles des croyants à faire obstacle à leur foi. C’est le meneur qui détruit les familles des chrétiens. Ma famille a suivi le Parti, interféré avec ma foi dans son propre intérêt et m’a même fait interner sans se soucier que je vive ou que je meure. J’ai bien vu son essence qui s’opposait à Dieu et je ne la laisserai plus m’entraver. Cette expérience m’a montré que seul Dieu nous aime et que seul Dieu peut nous sauver. Quand j’étais le plus malheureuse et désespérée, Dieu S’est servi de Ses paroles pour m’éclairer, me réconforter, m’encourager et me guider dans cette période difficile. Maintenant, j’ai éprouvé personnellement que l’amour de Dieu est très réel et je veux suivre Dieu et faire mon devoir. Je ne le regretterai jamais.

Notes de bas de page :

1. « Portant des accusations sans fondement » se réfère aux méthodes par lesquelles le diable cause du tort aux personnes.

2. « Fortement gardé » signifie que les méthodes par lesquelles le diable afflige les gens sont particulièrement vicieuses et contrôlent tellement les gens qu’ils n’ont pas de place pour bouger.

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